Organisation des PIAL normands à la rentrée 2021

Pour un maintien et une reconnaissance des moyens humains

Madame la Rectrice,

            Plusieurs pilotes de PIAL ont été informés par les pôles inclusifs de certaines DSDEN, au début du mois de juin, de la réponse de votre Secrétariat général à leur question concernant la continuité de la mission des coordonnateurs de PIAL à la rentrée prochaine.

            Cette réponse se résume en deux points :

– les personnels non enseignants assurant depuis un an la coordination des PIAL doivent être « remerciés », au seul motif qu’ils ne peuvent prétendre au versement d’une prime. Les IMP – dévolues aux personnels enseignants – semblent être l’unique solution envisagée pour verser une rétribution indemnitaire à ces personnels de l’Éducation nationale,

– les personnels de direction, qui ont assuré ces missions avec abnégation et professionnalisme depuis la rentrée 2020, dans le contexte particulièrement complexe que nous connaissons, sont exclus quant à eux de toute forme d’indemnisation dans ce cadre, contrairement à l’engagement initial pris par la Direction des Ressources humaines de l’Académie de Normandie, et malgré la lourde charge de travail qui leur incombe, et qui a été transférée des services académiques vers les EPLE désignés comme têtes de PIAL.

            Ces consignes sont non seulement perçues comme un manque de considération de l’autorité académique vis-à-vis des coordonnateurs et du travail qu’ils ont réalisé ; mais elles sont aussi reçues comme le signal d’une absence de cohérence dans le pilotage des PIAL, dont l’expérience acquise et les compétences développées seront ici ou là réduites à néant.

            Cette décision, si elle devait être maintenue, aurait pour conséquences l’exclusion de plusieurs coordonnateurs engagés et la démission des pilotes associés. Les pilotes ne refusent pas d’identifier de nouveaux coordonnateurs, ils ne disposent tout simplement pas d’autres candidats compétents pour exercer cette mission complexe.

            Les représentants du SNPDEN-UNSA vous demandent donc, Madame la Rectrice, de bien vouloir missionner vos services pour qu’une solution indemnitaire permettant la stabilité des PIAL soit recherchée. En l’absence d’une issue positive dans ce domaine, de nombreux PIAL pourraient se trouver sans support d’accueil à la rentrée 2021.

            La priorité nationale que représente l’inclusion scolaire, l’autonomie nécessaire de pôles récents et encore fragiles, et la confiance placée dans les processus de pilotage que nous déployons sont, selon nous, des arguments de poids pour maintenir les moyens humains qui sont affectés actuellement aux PIAL.

            Nous vous remercions pour votre attention à ce sujet et vous adressons, Madame la Rectrice, l’expression de nos sincères respects.

Les secrétaires départementaux du SNPDEN-UNSA de l’Académie de Normandie

Fabienne MANTECA Secrétaire du CalvadosNathalie MAULNY-LECHONNAUX Secrétaire de la MancheIsabelle ARTUS Secrétaire de l’Orne
Sylvain CARON Secrétaire de Seine-MaritimeAdrien MONCOMBLE Secrétaire de l’Eure

Communiqué sur l’agression au collège Jean Jaurès – Evreux

Vendredi 28 mai 2021, alors que les élèves s’apprêtaient à quitter l’établissement à 17h00, le collège Jean Jaurès à Évreux a subi des tirs de mortier d’artifice lancés par des individus non identifiés. Les projectiles ont été tirés à l’horizontale depuis la route qui surplombe l’entrée du collège, visant directement l’entrée de l’établissement où se situaient des assistants d’éducation. C’est alors que les AED rentraient dans l’établissement pour se protéger que la principale adjointe est sortie à son tour et a été visée également par un projectile.

S’il n’est pas avéré que les personnels étaient ciblés personnellement, il n’en reste pas moins qu’il s’agit bien ici d’une agression physique sur des personnels de l’État dans l’exercice de leur fonction.

Le SNPDEN-UNSA tient à exprimer son indignation face à la montée de violence qui touche de plus en plus régulièrement les établissements scolaires en provenance de jeunes des quartiers qui n’hésitent plus à régler leurs comptes entre eux et avec les institutions en s’attaquant directement aux EPLE.

Le SNPDEN-UNSA assure l’ensemble du personnel du collège Jean Jaurès de son soutien face à ces événements et demande à Madame la Rectrice et Monsieur l’Inspecteur d’Académie de prendre les mesures qui s’imposent pour assurer la sécurité des élèves et des personnels de l’établissement.

Le problème n’est pas isolé. D’autres établissements du département sont en effet confrontés depuis quelques mois à des rivalités entre jeunes à leurs abords. Nous constatons également des phénomènes croissants d’intrusion dans les établissements et de comportements agressifs de parents d’élèves à l’égard des membres de la communauté scolaire.

Cet événement met en lumière les difficultés croissantes auxquelles les équipes de direction, les équipes éducatives et pédagogiques sont confrontées au quotidien dans l’exercice de leurs fonctions. La perte de repères, la désinhibition des usagers, parents et élèves, confrontés à des situations personnelles, familiales et sociales de plus en plus instables les conduisent à des actes de plus en plus agressifs. L’institution peine à trouver des réponses efficaces. Les moyens saupoudrés ici et là en dehors des heures de cours (devoirs faits, vacances apprenantes, remplacements de courte durée…) ne peuvent nullement compenser l’augmentation des effectifs par classe, l’absence chronique d’enseignants remplaçants, la réduction des marges de manœuvre des EPLE, l’absence de médecins scolaires, le nombre insuffisant d’AED, la difficulté à répondre favorablement aux besoins en AESH…

Ce sont tous ces manquements que les équipes en EPLE payent aujourd’hui de leur personne en étant de plus en plus exposés à la colère ou l’incompréhension des usagers.

Le SNPDEN-UNSA continuera à militer pour que des moyens adéquats soient donnés aux établissements qui en ont le plus besoin, afin de leur permettre de retrouver la sérénité nécessaire à l’exercice des missions d’enseignement et d’éducation. En particulier, il demande à ce qu’un regard spécifique soit porté sur les établissements qui ont été impactés par le redéploiement de la carte scolaire sur Évreux et Louviers-Val de Reuil et que des moyens accrus puissent être déployés pour accompagner les établissements qui ont dû faire face à cet afflux nouveau.

Joël DELHOPITAL

Secrétaire académique

SNPDEN-UNSA Normandie