Communiqué sur l’agression au collège Jean Jaurès – Evreux

Vendredi 28 mai 2021, alors que les élèves s’apprêtaient à quitter l’établissement à 17h00, le collège Jean Jaurès à Évreux a subi des tirs de mortier d’artifice lancés par des individus non identifiés. Les projectiles ont été tirés à l’horizontale depuis la route qui surplombe l’entrée du collège, visant directement l’entrée de l’établissement où se situaient des assistants d’éducation. C’est alors que les AED rentraient dans l’établissement pour se protéger que la principale adjointe est sortie à son tour et a été visée également par un projectile.

S’il n’est pas avéré que les personnels étaient ciblés personnellement, il n’en reste pas moins qu’il s’agit bien ici d’une agression physique sur des personnels de l’État dans l’exercice de leur fonction.

Le SNPDEN-UNSA tient à exprimer son indignation face à la montée de violence qui touche de plus en plus régulièrement les établissements scolaires en provenance de jeunes des quartiers qui n’hésitent plus à régler leurs comptes entre eux et avec les institutions en s’attaquant directement aux EPLE.

Le SNPDEN-UNSA assure l’ensemble du personnel du collège Jean Jaurès de son soutien face à ces événements et demande à Madame la Rectrice et Monsieur l’Inspecteur d’Académie de prendre les mesures qui s’imposent pour assurer la sécurité des élèves et des personnels de l’établissement.

Le problème n’est pas isolé. D’autres établissements du département sont en effet confrontés depuis quelques mois à des rivalités entre jeunes à leurs abords. Nous constatons également des phénomènes croissants d’intrusion dans les établissements et de comportements agressifs de parents d’élèves à l’égard des membres de la communauté scolaire.

Cet événement met en lumière les difficultés croissantes auxquelles les équipes de direction, les équipes éducatives et pédagogiques sont confrontées au quotidien dans l’exercice de leurs fonctions. La perte de repères, la désinhibition des usagers, parents et élèves, confrontés à des situations personnelles, familiales et sociales de plus en plus instables les conduisent à des actes de plus en plus agressifs. L’institution peine à trouver des réponses efficaces. Les moyens saupoudrés ici et là en dehors des heures de cours (devoirs faits, vacances apprenantes, remplacements de courte durée…) ne peuvent nullement compenser l’augmentation des effectifs par classe, l’absence chronique d’enseignants remplaçants, la réduction des marges de manœuvre des EPLE, l’absence de médecins scolaires, le nombre insuffisant d’AED, la difficulté à répondre favorablement aux besoins en AESH…

Ce sont tous ces manquements que les équipes en EPLE payent aujourd’hui de leur personne en étant de plus en plus exposés à la colère ou l’incompréhension des usagers.

Le SNPDEN-UNSA continuera à militer pour que des moyens adéquats soient donnés aux établissements qui en ont le plus besoin, afin de leur permettre de retrouver la sérénité nécessaire à l’exercice des missions d’enseignement et d’éducation. En particulier, il demande à ce qu’un regard spécifique soit porté sur les établissements qui ont été impactés par le redéploiement de la carte scolaire sur Évreux et Louviers-Val de Reuil et que des moyens accrus puissent être déployés pour accompagner les établissements qui ont dû faire face à cet afflux nouveau.

Joël DELHOPITAL

Secrétaire académique

SNPDEN-UNSA Normandie